Ça parle de Lufthansa, IAG, AF KLM ou MSC
https://www.zonebourse.com/actualite-bo ... dedd8ff026
https://www.zonebourse.com/actualite-bo ... d8d088f52c
Il y a un article ici en libre de service d'un journal Suisse
Quelles conséquences pour Genève si Easyjet était rachetée?
Castlelake, un fonds américain, étudie une éventuelle offre de rachat de la compagnie d’aviation. Easyjet réalise près de 50% des vols de Cointrin.
[.....]
Billets plus chers et moins de vols
Les vols low cost pourraient-ils diminuer? L'aéroport de Genève flirte avec des records de fréquentation et frôle parfois la saturation aux heures de pointe. Avoir le droit d'y faire décoller ou atterrir un avion à une heure précise, ce qu'on appelle un «créneau», vaut donc de l'or. Aujourd'hui, Easyjet propose beaucoup de vols pour remplir ses avions à bas prix.
Demain, le nouveau propriétaire pourrait changer de tactique: il réduirait volontairement le nombre de vols, mais garderait les meilleurs horaires, soit le matin tôt et le soir. Comme il y aurait moins de sièges disponibles, les prix des billets grimperaient en flèche. «Faire monter les prix en réduisant le nombre de vols est une pratique connue dans le secteur aérien, mais l'impact est négatif pour le consommateur: moins de choix et des billets plus chers», confie l’analyste financier.
Easyjet a décollé en Bourse cette semaine. Castlelake, un fonds d'investissement présent dans l'aviation, pourrait lancer en juin une offre publique d'achat (OPA) sur la compagnie d'aviation. Le groupe financier américain a reconnu être «aux premiers stades d'examen d'une éventuelle offre de rachat». Le conseil d’administration d'Easyjet a, lui, qualifié cette approche de «hautement opportuniste».
Quelles seraient les conséquences potentielles pour l’aéroport de Genève, où Easyjet est fortement ancrée? Trois scénarios pour mieux comprendre les enjeux.
Vente d’avions et délocalisation
L'idée principale est que le fonds américain chercherait à faire de l'argent rapidement. Comment? En vendant tout d’abord les propres avions d'Easyjet pour ensuite les relouer. «Aujourd'hui, Easyjet est propriétaire de la plupart de ses avions, ce qui est rarement le cas dans le secteur aérien, et la compagnie aérienne dispose de fortes liquidités», rappelle un analyste financier, soucieux d’anonymat, qui suit le secteur de l'aviation.
Selon lui, le fonds Castlelake pourrait être tenté de vendre ces avions «pour récupérer du cash» et se verser des dividendes. Et comme le groupe américain est spécialisé dans le leasing aéronautique, il pourrait servir d’intermédiaire et relouer ces mêmes avions à Easyjet. Cette dernière verrait alors son endettement grimper.
Ce ne serait pas neutre pour Easyjet. «La compagnie, qui avait passé la pandémie sans aide d'État grâce à ses réserves, se retrouverait lourdement endettée, à l'image d’Air France ou de Lufthansa», rappelle l’analyste. D’après lui, cette fragilité financière menacerait directement l'emploi chez Easyjet à Genève en cas de crise économique ou aérienne future.
Ensuite, le groupe américain chercherait à limiter les coûts. La stratégie pourrait-elle consister à réduire la taille de sa base genevoise? Dans ce cas, les appareils A320neo les plus récents pourraient être redéployés vers des aéroports européens où les coûts salariaux sont plus faibles, et où les autorités n'imposent pas de couvre-feu restrictif, comme c’est le cas au bout du lac (avec des amendes pour les décollages après 22 h).
Le risque n’est pas à négliger. «C’est là que le vrai danger réside pour Genève et son aéroport urbain, et ce particulièrement si les atterrissages aussi ne deviennent plus possibles après 22 h, sous la pression des habitants», explique Philippe Meyer, spécialiste en aéronautique. Une rotation quotidienne supprimée pèserait sur la rentabilité d’Easyjet, qui calcule ses coûts au plus juste. «Un point à surveiller», ajoute-t-il.